Le projet d’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft fait parler de lui dans le secteur des jeux vidéo, d’autant plus que les autorités de régulation commencent à approuver ou à désapprouver l’opération.
Les régulateurs de l’Union européenne, du Royaume-Uni et des États-Unis ont rendu leurs conclusions, ce qui nous permet d’avoir une idée plus précise de l’issue de l’accord entre Microsoft et Activision Blizzard. Mais qu’en est-il exactement du projet d’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft ? L’opération est-elle approuvée ou refusée ? Voyons ce qu’il en est.
Microsoft poursuivra son acquisition d’Activision Blizzard malgré les inquiétudes de la FTC
Dès le départ, Microsoft a dû se battre pour obtenir l’autorisation d’acquérir Activision Blizzard aux États-Unis, notamment face à la FTC (Federal Trade Commission).
La Federal Trade Commission a déclaré que l’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft aurait pour effet de « supprimer les concurrents de ses consoles de jeux Xbox ». Dans ces conditions, on peut penser qu’il est peu probable que Microsoft parvienne à conclure l’opération.
Cependant, selon le New York Post, malgré les conclusions de la FTC, il semble que Microsoft ait prévu de mener à bien son acquisition d’Activision Blizzard.
Microsoft a poursuivi l’opération malgré la FTC parce qu’elle était convaincue que la Commission européenne et l’autorité britannique de régulation des marchés approuveraient la fusion. Ainsi, quelles que soient les implications positives ou négatives de l’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft, l’opération dépendait de l’approbation ou du blocage de l’opération par les autorités de régulation britanniques et européennes.
Le régulateur britannique bloque l’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft
La CMA (Competition and Markets Authority) britannique a désapprouvé le projet d’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft, ce qui va à l’encontre des attentes de cette dernière. Il est intéressant de noter que cette conclusion est intervenue alors que la CMA avait publié un rapport préliminaire laissant entendre qu’elle approuverait l’opération. La seule réserve formulée dans le rapport était que Microsoft devait répondre à des questions sur l’avenir du « cloud gaming ».
Selon Gov.UK, Microsoft n’a pas réussi à satisfaire les inquiétudes de la CMA concernant le cloud gaming. Le président du panel a déclaré que « les jeux en nuage ont besoin d’un marché libre et concurrentiel pour stimuler l’innovation et le choix », ce qui l’a conduit à bloquer l’accord.
La principale inquiétude de la CMA est que si Microsoft acquiert Activision Blizzard, elle pourrait faire en sorte que certaines des plus grandes franchises de jeux, comme la série Call of Duty, soient exclusives à la Xbox et à ses services de « cloud gaming ». Cela empêcherait les concurrents de fabriquer des consoles alternatives équivalentes et viables, ce qui nuirait en fin de compte à l’avenir de l’industrie du jeu.
Cependant, dans une déclaration faite via TwitterBrad Smith, vice-président et président de Microsoft, a déclaré que l’entreprise faisait appel de la décision de la CMA.
Curieusement, le cloud gaming ne devrait pas se généraliser pour de nombreuses raisons, et l’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft peut sembler insignifiante en ce qui concerne le cloud gaming. Mais si le Xbox Game Pass obtient l’exclusivité sur tous les titres d’Activision Blizzard, cela pourrait être bien plus dommageable pour ses concurrents comme la PlayStation et Nintendo.
La CMA ayant placé le « cloud gaming » au centre de ses justifications pour bloquer Microsoft, l’accent est encore plus mis sur la décision de la Commission européenne et sur la manière dont elle affecterait l’accord.
La Commission européenne a approuvé l’accord entre Microsoft et Activision Blizzard
Alors que l’on pouvait s’attendre à ce que les régulateurs européens suivent les tendances établies par la CMA et la FTC, la Commission européenne a approuvé le projet d’acquisition d’Activision Blizzard par Microsoft.
Curieusement, la Commission européenne a déclaré qu’elle partageait les mêmes inquiétudes que la CMA en ce qui concerne les jeux en nuage, mais elle a approuvé l’opération sous conditions. Plus précisément, la Commission européenne a déclaré que « l’approbation est subordonnée au respect intégral des engagements pris par Microsoft » en ce qui concerne le « cloud gaming ».
Brad Smith, vice-président et président de Microsoft, a pris l’engagement et la décision suivants publié sur Twitter. Cela a permis à Microsoft de faire pencher la décision de la Commission européenne en sa faveur.
Microsoft cherchant à faire passer son acquisition d’Activision Blizzard en dépit de la FTC tout en faisant appel de la décision du régulateur britannique, vous vous demandez peut-être comment l’approbation de la Commission européenne affecte l’opération.
On pourrait penser que la clause utilisée par la Commission européenne pour garantir que tous les titres d’Activision Blizzard soient disponibles sur les services de jeux en nuage de la concurrence permettrait de contourner les problèmes rencontrés par la CMA dans le cadre de l’opération.
Au contraire, Eurogamer a rapporté que la CMA a doublé son rejet de l’accord. En effet, pour la CMA, l’engagement décennal de Microsoft à protéger le marché émergent des jeux en nuage n’est pas suffisant pour garantir la concurrence.
Les chances de Microsoft d’acquérir Activision Blizzard ne sont pas bonnes
Avec l’approbation de la Commission européenne, il pourrait y avoir une lueur d’espoir pour l’accord Microsoft-Activision Blizzard. Cependant, les rejets continus de la FTC et de la CMA, malgré les concessions, constituent un obstacle inévitable pour Microsoft.
Si les régulateurs ne changent pas d’avis, l’accord restera à jamais bloqué dans les limbes d’appels et de batailles juridiques sans fin. Et comme le « cloud gaming » devient un service de plus en plus viable dans l’industrie du jeu, les régulateurs ne feront que mettre davantage l’accent sur les raisons pour lesquelles Microsoft ne devrait pas acquérir Activision Blizzard.
