Publié le 7 novembre 2026 Mis à jour le 7 novembre 2026
Le tableau La Femme en bleu, spolié en 1942 à la succession de Gabrielle Philippson puis intégré à la collection d’Hermann Göring, a été restitué à ses ayants droit le 6 novembre 2026. L’œuvre reste pourtant exposée au musée Massey de Tarbes : la Ville l’a rachetée à sa valeur actuelle après la restitution.
Une œuvre spoliée pendant l’Occupation
Le portrait a été peint au XVIIe siècle par Cornelis Janssens van Ceulen, aussi connu sous le nom de Cornelius Johnson. Il appartenait à la collection de Gabrielle Philippson. Après la spoliation de sa succession en 1942, le tableau est passé dans la collection d’Hermann Göring.
Après la guerre, l’œuvre a été récupérée et placée sous le statut de « musée national récupération ». Elle a ensuite été attribuée au musée du Louvre, avant d’être acquise par la Ville de Tarbes en 1985 pour le musée Massey. À cette date, sa provenance n’avait pas encore été correctement établie.
La provenance établie en 2023
Des recherches menées sur l’histoire du tableau ont permis d’identifier en 2023 la spoliation dont il avait fait l’objet. Cette étape est essentielle : une œuvre entrée dans une collection publique ne peut pas être retirée librement de celle-ci, même lorsqu’un préjudice historique est découvert.
La loi du 22 juillet 2023 a créé une procédure spécifique pour sortir des collections publiques les biens culturels spoliés entre le 30 janvier 1933 et le 8 mai 1945 afin de les restituer. Selon la Ville de Tarbes, l’opération réalisée autour de La Femme en bleu est la première application de cette loi à un bien appartenant à une collectivité territoriale.
Restitué, puis racheté par Tarbes
La cérémonie s’est tenue le 6 novembre au ministère de la Culture, en présence du maire de Tarbes et d’un arrière-petit-fils de Gabrielle Philippson. L’accord prévoit deux opérations distinctes : la restitution aux ayants droit, puis une nouvelle acquisition par la Ville à la valeur actuelle du tableau.
Cette solution répare juridiquement la spoliation tout en permettant à l’œuvre de rester au musée Massey. Le conseil municipal de Tarbes avait adopté cette démarche à l’unanimité le 29 juin 2026. Le montant exact de la nouvelle acquisition n’est pas indiqué dans le communiqué municipal consulté ; il ne faut donc pas le confondre avec une estimation rapportée ailleurs.
Présenter aussi l’histoire du vol
La Ville s’engage à expliquer au public l’histoire de la spoliation et à transmettre la mémoire de Gabrielle Philippson. L’enjeu ne consiste donc pas seulement à conserver un portrait au mur. Il s’agit aussi de rendre visible le parcours de l’œuvre et le préjudice subi par sa propriétaire.
Cette exigence de provenance rejoint les débats plus larges sur la circulation des œuvres et la responsabilité des institutions. Notre article sur le vol des bijoux de la Couronne au Louvre revient sur un autre type de disparition patrimoniale. Pour suivre la restauration d’un bâtiment historique, lire aussi la reconstruction de l’Hôtel de Ville de Limoges. Enfin, le Salon du patrimoine culturel 2026 présente les métiers mobilisés pour préserver et documenter les œuvres.
Sources
- Ville de Tarbes : restitution du tableau, 6 novembre 2026
- France 3 Occitanie : parcours de La Femme en bleu
- Légifrance : loi du 22 juillet 2023 sur les biens culturels spoliés
Photo : René Hourdry, via Wikimedia Commons — CC0. Source de l’image.
Informations vérifiées le 7 novembre 2026.
