La Coupe du monde a été riche en rebondissements. La plus grande tendance, cependant, a été les surprises. Voici pourquoi cela a rendu le tournoi meilleur.
La Coupe du monde au Qatar a débuté il y a un peu plus d’une semaine. Il y a déjà eu beaucoup d’action et de drame sur le terrain, y compris un nombre croissant de matchs nuls sans but, quelques scores déséquilibrés et un nombre ridicule d’arrêts de jeu à la fin des matchs.
Si ces deux tendances sont inquiétantes pour le jeu, une autre est bienvenue : les surprises.
La victoire surprise 2-1 de l’Arabie Saoudite contre l’Argentine la semaine dernière a donné le ton. Elle doit être classée parmi les trois meilleures surprises de l’histoire du tournoi. Même les fans de Lionel Messi ont dû sourire en voyant les joueurs saoudiens et leurs supporters faire la fête au coup de sifflet final.
Cette victoire a été suivie de la victoire 2-1 du Japon contre l’Allemagne, quatre fois vainqueur de la Coupe du monde. Le Costa Rica, qui a perdu 7-0 contre l’Espagne lors de son premier match, a ensuite battu le Japon 1-0. C’est dimanche que la Belgique, prétendante aux dernières éditions et troisième il y a quatre ans, a perdu contre la Tunisie 2-0.
Coupe du Monde 2022 : les surprises rendent le tournoi meilleur
Cela a donné lieu à un tournoi très ouvert et a rendu la phase de groupe compétitive tout au long de ses trois matches. Lundi, seule la France, championne du monde en titre, avait décroché sa place en huitième de finale. Seules deux équipes, le Qatar, pays hôte, et le Canada, avaient été officiellement éliminées.
Il convient de noter que la Coupe du monde n’a été remportée que par un club d’élite de nations. Seuls huit pays (Brésil, Italie, Allemagne, Argentine, Uruguay, France et Espagne) ont soulevé le trophée au cours de ses 92 ans d’histoire.
C’est dire à quel point il est difficile de gagner ce trophée. Cela montre aussi à quel point la tradition peut compter dans ce sport.
Néanmoins, nous n’avions pas connu autant de surprises depuis l’édition 2002 de Corée/Japon. Il est vrai que la finale avait vu le Brésil battre l’Allemagne, mais la Turquie avait alors terminé troisième. La Corée du Sud, co-organisatrice, a fini quatrième, ce qui reste le meilleur résultat d’une nation asiatique en Coupe du monde.
Les surprises rendent le tournoi plus amusant et moins prévisible. Ils donnent aux neutres, la grande majorité des téléspectateurs, quelque chose à apprécier. C’est comme lorsqu’une équipe Cendrillon fait un grand parcours pendant March Madness.
Michael Cox, dans The Athletic de dimanche, a avancé l’argument opposé. Voici ce qu’il a écrit :
Lorsqu’il y a une phase de groupe très dramatique, avec plusieurs favoris qui tombent, la phase à élimination directe a tendance à être décevante. La Coupe du monde 2002 en est un bon exemple. Les deux favoris du tournoi, la France et l’Argentine, ont tous deux été éliminés dès la phase de groupe. Le Portugal a fait de même, tandis que l’Italie s’est sortie de son groupe mais a perdu au deuxième tour. C’était un excellent divertissement. Seuls quatre des huit favoris d’avant le tournoi ont atteint les quarts de finale : le Brésil, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Espagne.
Il n’y a eu que deux affrontements à élimination directe entre ces équipes : Brésil 2-1 Angleterre en quart de finale, et Brésil 2-0 Allemagne en finale. De manière significative, ce sont également les deux seuls des sept matches à élimination directe qui ont comporté plus d’un but. Les cinq autres résultats, qui impliquaient tous un outsider, se sont soldés par 1-0, 0-0, 1-0, 1-0 et 1-0. Il ne s’agissait pas de victoires à l’arraché, bien sûr, mais elles se caractérisaient par un jeu défensif des outsiders. Il convient de noter que le Sénégal, une équipe non favorisée qui est devenue le favori des neutres, a joué de manière très défensive lors de sa défaite en quart de finale contre la Turquie. Après coup, quelques joueurs sénégalais ont déploré le manque de confiance de leur équipe. Et vous ne voulez pas de quart de finaliste qui n’y croit pas vraiment.
La peur des tactiques défensives mérite d’être connue, mais ce n’est pas toute l’histoire. L’édition 2002, comme on l’a noté, a mis en vedette deux poids lourds en finale. Ce qui a entaché ce tournoi, c’est un mauvais arbitrage, ce qui n’arrive plus beaucoup aujourd’hui grâce à la VAR.
Qatar 2022 est la preuve que le football divertissant et les surprises peuvent coexister. Cela a donné lieu à un tournoi imprévisible. C’est aussi le signe que le reste de la planète a rattrapé les puissants Européens et Sud-Américains.
Cela ne signifie pas que nous verrons le Sénégal affronter le Japon en finale. La phase à élimination directe a le don de soulever les équipes les plus fortes. Après tout, il faut être invaincu pour soulever le trophée. Les équipes cendrillons peuvent essayer, mais ce sont toujours des équipes comme le Brésil, l’Argentine et la France qui trouvent le moyen d’atteindre le grand match.
Avant cela, profitez des surprises des nations africaines et asiatiques. La phase de groupe se termine vendredi. Attendez-vous à ce que quelques autres Goliaths subissent des défaites d’ici là.
C’est ce qui rend le sport amusant. C’est aussi une autre raison pour laquelle cette Coupe du monde d’automne inhabituelle est un événement télévisuel incontournable pour des milliards de personnes dans le monde.
