Société

Attentat dans l’Aude: L’inquiétant profil de Marine P., la petite-amie du terroriste

En garde à vue, la jeune femme âgée de 18 ans, a déclaré « adhérer » aux thèses de Daesh, confie un enquêteur…

  • Radouane Ladkim a tiré sur des CRS vendredi matin, blessant l’un d’eux à l’épaule.
  • A 11h15, il est arrivé dans le supermarché Super U de Trèbes où il a retenu plusieurs personnes en otages. Deux otages et un gendarme sont morts. L’assaillant a été abattu lors de l’assaut du GIGN à 14h20.
  • La femme qui partageait sa vie a été placée en garde à vue vendredi soir. et mise en examen mardi.

Elle a immédiatement donné le ton. Vendredi, en fin d’après-midi, lorsque les policiers se sont présentés à son domicile, Marine P., 18 ans, les a accueillis en criant « Allah akbar ». La jeune fille, qui est la petite amie de Radouane Lakdim, a été placée en garde à vuequelques heures après que le djihadiste a tué quatre personnes et en a blessé quatre autres

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Elle a été déférée mardi soir au parquet de Paris et mise en examen du chef d’association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer des crimes d’atteintes aux personnes. Elle a sollicité un débat différé sur son placement en détention provisoire, indique à 20 Minutes une source judiciaire.

Depuis quatre jours, les enquêteurs tentaient de déterminer le degré d’implication de cette jeune femme dans l’attentat commis la semaine dernière dans l’Aude, et revendiqué par Daesh. Auditionnée dans les locaux de laDGSI, à Levallois (Hauts-de-Seine), elle a nié, selon nos informations, avoir été au courant du projet d’attaque de Radouane Lakdim.

Mais si cela avait été le cas, elle n’aurait rien dit à personne, a-t-elle expliqué froidement aux enquêteurs. Avant d’ajouter qu’elle cautionnait les attentats commis en France contre les « mécréants ». Selon elle, il s’agit de venger les « frères qui sont tués en Syrie », confie une source proche du dossier.

Originaire de Carcassonne, Marine P. « présente tous les signes d’une radicalisation », a déclaré lundi soir François Molins, le procureur de la République de Paris, lors d’une conférence de presse. Elle a indiqué aux enquêteurs s’être convertie à l’Islam il y a deux ans, à l’âge de 16 ans, et prôner le djihad armé. Très active sur les réseaux sociaux, elle revendique sur Facebook être une sympathisante de l’Etat islamique. Depuis l’année dernière, elle est fichée «S» et a fait l’objet d’un suivi par la DGSI, tout comme Radouane Lakdim. Mais elle n’était pas considérée par les services comme une menace potentielle.

Très active sur les réseaux sociaux

Marine P., qui n’a pas d’antécédents judiciaires, a également affirmé qu’elle n’avait plus de contacts téléphoniques avec Radouane Lakdim depuis janvier dernier. Ce que semble confirmer l’examen de sa téléphonie. Tous deux entretenaient, semble-t-il, une « relation épisodique », selon une source policière. Mais les enquêteurs se demandent si cette jeune femme, qui avait repris l’école, ne communiquait pas ces dernières semaines avec lui via des applications cryptées. Ils ont notamment constaté, détaille François Molins, qu’elle avait posté, quelques heures avant le début de l’attaque, une sourate « promettant l’enfer aux mécréants ». Un hasard ?

Née en novembre 1999, Marine P. connaissait Radouane Lakdim depuis « trois ou quatre ans environ », confie une source proche du dossier. Les propos qu’elle a tenu en garde à vue tranchent avec le portrait que sa soeur fait d’elle. Selon cette dernière, qui s’est confiée à l’AFP, Marine ne se rendait « jamais à la mosquée », n’était « pas voilée, toujours maquillée ». « Pourquoi s’est-elle mise avec un mec comme ça ? » se demande-t-elle. Sa soeur, dit-elle, n’est « jamais allée chez lui, il n’est jamais venu ici », chez leurs parents « qui ne sont pas croyants ». Si elle a tenu devant les enquêteurs des « des propos extrêmes », Marine assure-t-elle « n’est pas une criminelle, elle a été manipulée ». Thibaut Chevillard

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