Les codecs jouent un rôle crucial dans la diffusion de contenu sur Internet. Après tout, c’est grâce à ces codecs que les téraoctets de séquences RAW sortant de votre caméra peuvent être compressés en gigaoctets, ce qui nous permet de regarder des séquences en haute résolution sur Internet.
Cela dit, pour rendre cette compression plus efficace, de nouveaux codecs ne cessent d’arriver sur le marché, et le codec AV1 est un exemple parfait de l’écosystème des codecs en constante évolution. Cela soulève la question de savoir ce qu’est le codec AV1 et à quoi il sert.
Qu’est-ce qu’un codec vidéo, et pourquoi est-il nécessaire ?
Avant d’aborder l’AV1, il est important de comprendre les codecs vidéo et leur utilité. En effet, la taille des fichiers vidéo que vous filmez est très importante lorsqu’ils ne sont pas compressés, et cette taille ne fait qu’augmenter avec la qualité de la vidéo.
Pour mettre les choses en perspective, un film de deux heures en 4K monopoliserait plus de 1,7 téraoctet de stockage lorsqu’il n’est pas compressé. Ce chiffre montre clairement que des vidéos d’une telle taille ne peuvent pas être téléchargées sur l’internet, compte tenu de sa bande passante limitée. Pour résoudre ce problème, nous avons les codecs vidéo.
En termes simples, un codec vidéo est un algorithme spécialisé qui examine chaque image d’une vidéo et s’efforce d’en réduire la taille en exploitant les nuances de l’œil humain. Grâce à l’utilisation de ces algorithmes, la taille des vidéos diminue sans compromettre la qualité, ce qui permet aux utilisateurs de diffuser des vidéos de haute qualité sur l’internet.
Cela dit, différents algorithmes de compression sont disponibles sur Internet, et chacun d’entre eux offre des efficacités différentes lors de la réduction de la taille des vidéos. AV1 s’appuie sur des codecs plus anciens, tels que HEVC et VP9, et constitue le codec le plus récent.
Qu’est-ce que le codec vidéo AV1 ?
Développé par Alliance for Open Media, une organisation à but non lucratif, AV1 est un codec vidéo non licenciable. De ce fait, le codec peut être utilisé par tout le monde sans payer de royalties aux développeurs. Fondée par Intel, Amazon, Apple, Netflix et d’autres géants de la technologie, l’Alliance of Open Media a publié AV1 en 2018.
L’objectif principal du codec AV1 est de réduire la taille du fichier après compression sans affecter la qualité. Cette réduction était nécessaire car la résolution d’affichage des contenus que nous diffusons en continu ne cesse d’augmenter. Par exemple, à l’époque, les DVD étaient livrés avec un contenu d’une résolution de 480p, qui pouvait être compressé à l’aide du MPEG-2, mais avec Blue Ray, la norme de compression a dû être améliorée car la résolution est passée à 1080p.
L’évolution de la demande de qualité vidéo est à l’origine du développement du format h.254 (AVC). Avec l’arrivée du 4K et du 8k, de nouvelles normes de compression comme l’AV1 étaient nécessaires.
L’objectif principal du codec AV1 est de réduire le débit binaire de la vidéo tout en maintenant la qualité. Grâce à cela, des vidéos de meilleure qualité peuvent être téléchargées sur Internet sans dégradation de la qualité. En termes de chiffres, AV1 offre une compression 30 % supérieure à celle de HEVC pour les mêmes débits binaires. Cette efficacité accrue de la compression permet une lecture plus fluide sur des bandes passantes plus faibles, tant pour les hautes que pour les basses résolutions.
En plus de ces améliorations de la compression, AV1 est conçu en tenant compte du matériel. Cette approche améliore le processus de codage lorsqu’un matériel doté d’unités spéciales de codage et de décodage AV1 est utilisé. Pour n’en citer que quelques-uns, les nouveaux SoC et GPU comme le Snapdragon 8 Gen 2, le Samsung Exynos 2200, le MediaTek Dimensity 1000 5G, le Google Tensor G2, la série RTX 4000 de Nvidia et les GPU Intel Xe et Arc prennent en charge le décodage matériel accéléré pour le codec AV1.
Qu’est-ce que le codec vidéo AV1 ?
Comme AV1 améliore l’efficacité de la compression lors de l’encodage des vidéos, il est utilisé par tous les géants technologiques lorsqu’il s’agit de distribuer des vidéos. Meta, par exemple, utilise AV1 pour diffuser des bobines et des vidéos sur Instagram et Facebook, et a signalé des gains d’efficacité allant jusqu’à 30 % avec ce codec.
En outre, Google et Netflix utilisent AV1 pour transmettre des vidéos dans des applications telles que YouTube et Google Duo afin d’offrir une meilleure qualité sur les connexions à faible bande passante.
De plus, la communauté du streaming peut également bénéficier d’AV1 si elle dispose d’un matériel dédié qui le prend en charge. Non seulement le codec permet d’obtenir une meilleure qualité lors de la diffusion en continu, mais il offre également des taux de rafraîchissement plus élevés, car le GPU n’est pas interrompu pour traiter la sortie de la diffusion en continu en raison de la disponibilité du matériel dédié.
Les créateurs qui tournent des séquences de haute qualité peuvent également profiter des avantages de l’AV1, qui réduit les temps de téléchargement tout en offrant une meilleure qualité à leur public. La productivité et la satisfaction du client s’en trouvent améliorées.
AV1 est-il le codec de l’avenir ?
AV1 est le nom du jeu quand il s’agit de l’efficacité de la compression vidéo. Cela dit, cette efficacité accrue se fait au prix d’un temps d’encodage élevé et d’un manque de compatibilité, deux aspects qui ne manqueront pas de s’améliorer à l’avenir. Cela montre qu’AV1 pourrait être l’avenir des codecs, mais les codecs plus anciens comme VP9, H.254 et H.256 ont leurs mérites car ils offrent une meilleure compatibilité et un temps d’encodage plus faible sur le matériel actuel.
