L’Affaire Marie-Claire, en salles depuis le 4 novembre 2026, revient sur le procès de Bobigny et la stratégie de Gisèle Halimi contre la loi qui réprimait alors l’avortement. Réalisé par Lauriane Escaffre et Yvo Muller, le film a été présenté en séance spéciale au Festival de Cannes avant sa sortie française.

Charlotte Gainsbourg incarne Gisèle Halimi, tandis que Cécile de France joue Michèle Chevalier, la mère de Marie-Claire. Le film dure 1 h 42 et adopte la forme d’un drame judiciaire. Il ne raconte pas seulement un verdict : il montre comment une audience devient une tribune politique.

Le procès de Bobigny au cœur du récit

En 1972, Marie-Claire Chevalier, âgée de 16 ans, est poursuivie après avoir avorté clandestinement. Sa mère et plusieurs femmes qui l’ont aidée comparaissent également. Gisèle Halimi décide de ne pas limiter sa défense aux faits reprochés : elle met en accusation la loi elle-même et son application inégalitaire.

Le procès s’achève le 8 novembre 1972. Les relaxes et peines avec sursis prononcées donnent à l’affaire une portée nationale. Le ministère de la Justice rappelle que son écho contribue au mouvement qui aboutit à la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse par la loi du 17 janvier 1975.

Le film dramatise cette histoire. Comme toute œuvre de fiction historique, il sélectionne des scènes, compose des dialogues et resserre la chronologie. Il ne doit donc pas être pris pour un enregistrement du procès, même si ses personnages et son événement central sont réels.

Charlotte Gainsbourg face à un rôle très documenté

Charlotte Gainsbourg interprète une avocate dont les prises de position, les plaidoiries et les engagements ont laissé de nombreuses archives. Le défi consiste à rendre visible une stratégie juridique sans transformer le film en récitation de dossier.

Autour d’elle, Cécile de France, Grégory Gadebois, Saül Benchetrit, Sarah Suco et Florence Loiret Caille composent les principaux rôles. Lauriane Escaffre et Yvo Muller signent à la fois la réalisation et le scénario. Le film est produit par Quad Films, avec Gaumont et France 3 Cinéma en coproduction.

Un film de procès, mais pas un cours figé

Le récit s’intéresse au rapport de force : une adolescente et des femmes poursuivies font face à une loi que leur avocate juge injuste. La salle d’audience devient le lieu où une affaire individuelle révèle une question collective. Cette mécanique explique pourquoi le procès de Bobigny reste cité plus d’un demi-siècle plus tard.

Le film arrive dans les salles avec un sujet connu, mais souvent résumé en deux dates. Son intérêt repose donc sur les personnes, les risques pris et la manière dont un procès pénal a changé de fonction sous l’impulsion de la défense.

Informations pratiques

  • sortie française : 4 novembre 2026 ;
  • durée : 1 h 42 ;
  • réalisation : Lauriane Escaffre et Yvo Muller ;
  • distribution : Gaumont ;
  • présentation en séance spéciale au Festival de Cannes 2026.

La bande-annonce officielle

Sources

Gaumont, fiche officielle du film et bande-annonce ; Festival de Cannes, sélection, crédits et date de sortie ; Ministère de la Justice, histoire du procès de Bobigny.

Photo : Clicsouris, via Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.5. Source de l’image.

Informations vérifiées le 5 novembre 2026.

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