Publié le 1 novembre 2026 Mis à jour le 1 novembre 2026
L’exposition « Une histoire du cinéma français. Héritages maghrébins » a ouvert le 30 octobre 2026 au Musée national de l’histoire de l’immigration, à Paris. Films, affiches, photographies, storyboards et témoignages retracent soixante ans de création façonnée par des artistes liés à l’Algérie, au Maroc et à la Tunisie.
Une autre histoire du cinéma français
L’exposition ne se contente pas d’étudier la représentation de l’immigration à l’écran. Elle se place du côté des cinéastes, scénaristes, acteurs et actrices qui ont participé à la transformation du cinéma français depuis les années 1960.
Le parcours rassemble notamment les œuvres et trajectoires d’Ali Ghalem, Mehdi Charef, Rachid Bouchareb, Yamina Benguigui, Hafsia Herzi, Lina Soualem, Jamel Debbouze, Rachida Brakni, Roschdy Zem, Samir Guesmi et Sami Bouajila. Une distribution assez large pour rappeler que cette histoire ne tient pas dans un rôle secondaire au générique.
Des exils aux nouvelles écritures
La première partie revient sur les années 1960 à 1980, les films militants, les récits d’exil et les productions réalisées entre les deux rives de la Méditerranée. Le parcours aborde ensuite la visibilité croissante de nouveaux acteurs et réalisateurs à partir des années 1980.
Les sections consacrées aux décennies récentes s’intéressent à la circulation des artistes, au cinéma de genre, à la place des réalisatrices et à des formes plus libres. Le musée met en dialogue des œuvres reconnues et des films plus rarement montrés, dont certains ont été restaurés ou numérisés pour l’occasion.
Des objets pour raconter les films autrement
Le parcours présenté par le Musée national de l’histoire de l’immigration comprend des extraits de films, des affiches, des photographies de tournage, des archives de presse, des storyboards et des objets liés aux œuvres. Cette variété évite le simple alignement d’écrans et replace les films dans leurs conditions de création et de réception.
Une chronologie croise l’histoire politique de l’immigration et celle du cinéma. Le rapprochement aide à comprendre comment les débats sur les exils, la mémoire coloniale, l’identité et la transmission ont traversé les scénarios, les financements et les regards critiques.
Un week-end d’ouverture remanié
Le Palais de la Porte Dorée a organisé un week-end de rencontres, d’ateliers et de projections les 31 octobre et 1er novembre. La programmation a toutefois été modifiée en raison de la manifestation organisée à proximité : certains rendez-vous ont été déplacés ou annulés.
La visite de l’exposition reste distincte de ces événements ponctuels. Elle est annoncée jusqu’au 21 mars 2027, du mardi au dimanche. Le plein tarif est fixé à 12 euros, le tarif réduit à 9 euros, avec notamment la gratuité pour les moins de 26 ans et le premier dimanche du mois.
Une exposition sur la création, pas un catalogue d’identités
Le propos revendiqué est de montrer comment des artistes ont renouvelé les récits et les formes du cinéma français, plutôt que de les enfermer dans une origine. Des films comme « Indigènes » rappellent aussi que le cinéma peut influer sur la mémoire collective et le débat public.
L’exposition assume ainsi un titre simple et ambitieux : « Une histoire du cinéma français ». Le mot important est peut-être « une ». Il indique qu’il existe plusieurs manières de raconter ce cinéma, et que celle-ci manquait encore sérieusement à l’écran.
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Sources : Musée national de l’histoire de l’immigration, exposition 2026-2027 ; Palais de la Porte Dorée, programme d’ouverture actualisé.
Photo : AlSepPhoenix, via Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0. Source de l’image.
Informations vérifiées le 1er novembre 2026.
