Les « sites gore » diffusent des images ou vidéos de blessures graves, de morts ou de violences réelles. Nous ne publions pas de liste ni de liens vers ces contenus : le plus utile est de comprendre comment ils circulent, de limiter l’exposition involontaire et de savoir quoi faire lorsqu’une image choquante apparaît.

Note de mise à jour du 14 octobre 2026 : l’ancien article proposait une sélection de sites gores. Il a été retiré puis remplacé par ce guide de prévention, sans image explicite ni lien vers des plateformes de violence.

Qu’appelle-t-on un « site gore » ?

L’expression n’a pas de définition juridique unique. Elle désigne généralement des pages qui montrent des accidents, des agressions, des cadavres ou des actes de violence avec très peu de filtre. Certaines présentent ces images comme des archives ou des documents ; d’autres misent surtout sur le choc, les titres racoleurs et le partage viral.

Le problème ne se limite pas à quelques sites identifiables. Les mêmes vidéos peuvent réapparaître dans un fil social, une messagerie, un moteur de recherche ou une miniature automatique. Une liste de domaines serait donc vite incomplète, et elle offrirait surtout un raccourci vers ce que nous cherchons précisément à éviter.

Pourquoi ces images peuvent marquer durablement

Une exposition brutale peut provoquer du dégoût, de l’angoisse, des images intrusives, des difficultés à dormir ou une envie compulsive de revoir la scène pour « comprendre ». Les réactions varient selon l’âge, le contexte et l’histoire personnelle. Ne pas supporter une vidéo violente n’est pas un manque de sang-froid ; c’est une réaction humaine assez raisonnable face à quelque chose qui ne l’est pas.

Chez les plus jeunes, le risque est aggravé par l’absence de contexte et par les mécanismes de recommandation. L’association e-Enfance/3018 recommande d’accompagner les enfants et adolescents, de parler de ce qu’ils ont vu sans les culpabiliser et de renforcer les réglages de protection.

Que faire immédiatement après une exposition involontaire ?

  1. Fermez la page ou l’application au lieu de relancer la vidéo.
  2. Désactivez la lecture automatique et quittez le compte ou le groupe qui diffuse ces contenus.
  3. Ne transférez pas l’image « pour prévenir » : vous prolongeriez sa diffusion et pourriez exposer d’autres personnes.
  4. Notez l’adresse de la page, la plateforme, la date et l’heure si un signalement est nécessaire, sans télécharger davantage de contenu.
  5. Parlez-en à une personne de confiance si les images reviennent en boucle ou perturbent le sommeil.

Pour un mineur confronté à une violence numérique, le 3018 propose une aide gratuite et confidentielle. Si le contenu montre une infraction potentielle ou met une personne en danger, utilisez les outils de signalement officiels plutôt que de mener votre propre enquête.

Activer SafeSearch, mais connaître ses limites

Dans Google, SafeSearch propose trois niveaux : filtrer, flouter ou désactiver la protection. Le mode « Filtrer » tente de bloquer les résultats explicites, notamment les images violentes et sanglantes. Le mode « Flouter » masque surtout les images, mais des textes et des liens explicites peuvent encore apparaître.

Google précise que SafeSearch agit uniquement dans ses résultats de recherche. Il ne filtre ni les autres moteurs, ni les liens ouverts directement, ni les contenus d’une messagerie ou d’un réseau social. C’est une ceinture de sécurité, pas un champ de force.

Réduire les contenus violents sur les réseaux sociaux

Sur chaque plateforme, utilisez les commandes « Pas intéressé », « Masquer », « Signaler » ou « Bloquer ». Évitez de commenter la publication uniquement pour dénoncer son horreur : l’interaction peut être interprétée comme un signal d’intérêt et contribuer à sa diffusion.

Désactivez la lecture automatique lorsque le réglage existe. Contrôlez les invitations dans les groupes, limitez les messages provenant d’inconnus et vérifiez les paramètres de contenu sensible. Pour un compte d’enfant, utilisez les outils familiaux de l’appareil et de la plateforme, puis discutez régulièrement de leur fonctionnement. Un filtre silencieux sans explication finit souvent par être contourné.

Contenu choquant ne signifie pas toujours contenu illégal

Une image peut être profondément dérangeante sans relever automatiquement d’une infraction. À l’inverse, certains contenus doivent être signalés : exploitation sexuelle de mineurs, apologie du terrorisme, menaces, appels à la haine ou diffusion non consentie d’images intimes, par exemple.

Point de Contact permet de signaler anonymement et gratuitement des contenus potentiellement illicites rencontrés en ligne. L’association analyse les signalements et peut les transmettre aux plateformes, aux hébergeurs ou aux autorités compétentes. En France, PHAROS constitue également le portail officiel de signalement des contenus illicites sur Internet.

Ne republiez pas le contenu dans votre signalement public et ne l’envoyez pas à des proches. Utilisez le formulaire officiel de la plateforme ou de l’organisme concerné, avec l’URL précise et les informations demandées.

Comment protéger un enfant sans transformer Internet en interrogatoire

Commencez par une question simple : « Est-ce que tu as vu quelque chose qui t’a fait peur ou mis mal à l’aise ? » Écoutez avant de confisquer l’appareil. Demandez comment le contenu est arrivé, bloquez la source avec lui, puis expliquez qu’il peut revenir vous voir sans être puni.

Vérifiez ensuite les comptes connectés, les groupes de discussion, l’historique récent et les réglages de recommandation, avec l’enfant lorsque son âge le permet. Le but est de restaurer un environnement sûr, pas d’ajouter une seconde expérience angoissante sous la forme d’un tribunal familial improvisé.

Faut-il consulter après avoir vu une vidéo très violente ?

Une gêne passagère peut diminuer après quelques heures ou quelques jours. Si les images reviennent de manière envahissante, si le sommeil reste perturbé, si une forte anxiété apparaît ou si la personne évite ses activités habituelles, il est utile d’en parler à un professionnel de santé. Pour un enfant ou un adolescent, le 3018 peut aussi orienter la famille.

En résumé

  • Ne cherchez pas une liste de sites : les contenus circulent surtout par republication et recommandation.
  • Fermez, bloquez et signalez au lieu de revoir ou transférer.
  • Activez SafeSearch et les filtres des plateformes, tout en sachant qu’aucun réglage n’est parfait.
  • Pour un mineur, privilégiez le dialogue et contactez le 3018 si nécessaire.
  • Pour un contenu potentiellement illicite, utilisez Point de Contact ou PHAROS.

Sources et ressources utiles

Retrouvez d’autres conseils dans la rubrique Technologie.

Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

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