Une passeuse amoureuse d’un migrant risque 6 mois de prison avec sursis

Béatrice Huret, 45 ans, est soupçonnée d’avoir aidé trois migrants iraniens, dont un homme dont elle est tombée amoureuse, à rejoindre l’Angleterre en juin 2016. La cour d’appel de Douai a requis contre elle six mois de prison avec sursis. La décision sera rendue le 31 mai.

Le parquet général de la cour d’appel de Douai (Nord) a requis jeudi 15 mars six mois de prison avec sursis contre Béatrice Huret. Cette femme de 45 ans est soupçonnée d’avoir aidé trois migrants iraniens de l’ex- « Jungle » de Calais, dont l’homme dont elle est amoureuse, à gagner l’Angleterre par bateau. L’arrêt doit être rendu le 31 mai.

En première instance, elle avait été reconnue coupable par le tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), mais dispensée de peine. Le parquet avait fait appel de cette décision.

Un bateau acheté sur Le Bon Coin

Cette ex-sympathisante du Front national, veuve depuis 2010 d’un policier, a découvert la « Jungle » de Calais en 2015 en prenant en stop un jeune Soudanais. Elle se rend régulièrement là-bas comme bénévole et fait la rencontre de Mokhtar. Elle accepte ensuite de l’héberger et tombe amoureuse du réfugié.

Mais l’homme est déterminé et veut rejoindre l’Angleterre. Elle l’aide alors à dénicher un petit bateau de plaisance acheté 1000 euros sur Le Bon Coin pour effectuer la traversée. En juin 2016, Mokhtar et deux autres Iraniens parviennent finalement à rejoindre la Grande-Bretagne après avoir été pris en charge par les services de secours britanniques près des côtes anglaises. Depuis, il a obtenu le statut de réfugié et vit dans les environs de Sheffield. Mme Huret lui rend visite tous les 15 jours.

Elle aurait agi « par amour »

Béatrice Huret a toujours reconnu les faits, répétant avoir agi « par amour » et n’avoir touché aucune rémunération. « Elle n’a rien à voir avec les réseaux organisés ! », a lancé lors de sa plaidoirie son avocate Me Marie-Hélène Calonne. Dans son réquisitoire, la procureure générale, elle, a insisté sur la dangerosité du passage en Angleterre par cette voie.

Trois autres personnes étaient jugées aux côtés de Béatrice Huret pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d’un étranger » en « bande organisée ». Des peines d’un an avec sursis à trois ans de prison dont 16 mois avec sursis ont été requises à leur encontre. Source

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