Une enseignante agressée et frappée par ses élèves de primaire à Colomiers

C’est une violence qu’on a du mal à imaginer dans la cour d’une école. Encore moins au primaire. Pourtant, lundi 19 mars, une enseignante de l’école Jules Ferry de Colomiers s’est fait agresser par plusieurs de ses élèves. Aux alentours de 15h15, pendant la récréation, l’enseignante a tenté de séparer une atercation entre deux élèves. D’autres élèves, de CM1 et CM2 sont aussi intervenus, mais pour frapper la maîtresse. Ils ont prétendu vouloir défendre leur copain face à une supposée agression. L’enseignante a alors « essuyé plusieurs coups » selon les témoins de la scène. L’affaire s’est terminée avec l’intervention des autres enseignants et l’arrivée de la police.

Immédiatement après les faits, l’Education Nationale a dépêché son inspectrice ainsi qu’une conseillère pédagogique et une psychologue pour rencontrer les professeurs et les familles concernées.

« La situation est prise très au sérieux, selon Nathalie Méry, inspectrice adjointe à l’inspectrice d’académie de la Haute-Garonne. Une suspension de scolarisation temporaire a été décidée le jour même pour pouvoir réfléchir à la suite. »

inquiets

Depuis les faits, il y a 10 jours, la maîtresse n’a toujours pas repris ses fonctions et un professeur remplaçant assure la tenue de ses cours. Les élèves concernés, eux, sont de retour à l’école après une exclusion d’une semaine. Deux d’entre eux ont été changés de classe. L’autre est toujours dans la classe de la maîtresse agressée en attendant d’être transféré dans un autre établissement. Une situation préoccupante pour les parents. « Forcément nous sommes inquiets, explique cette mère à la sortie de l’école. Si même des enseignants se font agresser, on n’ose à peine imaginer ce qu’il peut arriver à nos enfants. »

Le personnel de l’école, quant à lui, fait profil bas et évite toutes discussions à ce sujet. Même les parents ne semblent pas avoir été informés.  » J’ai appris cette affaire par ma fille mais l’école ne nous dit rien, explique une autre mère. Il paraît que nous aurons une réunion mardi à ce sujet mais nous n’en savons pas plus. »

D’autres cas similaires dans le département

Les représentants des parents dénoncent un nombre d’élèves trop important à l’école. « C’est un manque de moyen qui mène à ces situations, explique Maria Guerchais. Il y a trop d’élèves dans les classes et un manque de personnel. »

C’est aussi l’avis du SNUIPP, le syndicat des professeurs des écoles, qui a recensé plusieurs autres autres cas d’agressions de professeurs par des élèves de primaire. Notamment dans le quartier de Borderouge et dans le Haut-Comminges. « Ces cas, s’ils ne sont pas devenus monnaie courante sont en augmentation» explique Esmeralda Panadero, co-secrétaire du SNUIPP de la Haute-Garonne. « L’école se trouve confrontée à l’intégration d’élèves qui vivent des situations difficiles et violentes chez eux. Cette violence se retrouve dans les classes et rien n’est mis en place pour les accompagner ».

Un cas rare mais pas unique

Plusieurs autres cas d’agression de professeurs par des élèves de primaire ont été recensés dans la Haute-Garonne. Notamment dans le quartier de Borderouge et dans le Haut-Comminges. Ces cas, s’ils ne sont pas devenus monnaie courante seraient en augmentation selon les syndicats de professeurs. «L’école se trouve confrontée à l’intégration d’élèves qui vivent des situations difficiles et violentes chez eux. Cette violence se retrouve dans les classes et rien n’est mis en place pour les accompagner» explique Esmeralda Panadero, cosecrétaire du SNUIPP de la Haute-Garonne. Source

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