Un quart des jeunes de Bourgogne-Franche-Comté en difficulté pour accéder aux services de formation et d’insertion

réaliser une cartographie des territoires prioritaires » sur lesquels il faut aujourd’hui agir, souligne Philippe Bayot, directeur régional adjoint de la Jeunesse et des Sports.

8 % éloignés de tout

Cette cartographie, l’Insee l’a réalisée en s’appuyant sur une étude ayant permis de visualiser « les temps d’accès à des services clés », comme des centres de formation ou des structures d’information et d’orientation (*) « qui contribuent à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes », détaille Philippe Bayot.

Le bilan : parmi les 466.000 jeunes qui vivent en Bourgogne-Franche-Comté, « un quart vivent dans des territoires où ils ont globalement des difficultés pour accéder rapidement à un ou plusieurs équipements répondant tout particulièrement à leurs besoins », indique l’étude.

Plus de 8 % des jeunes, soit 39.400 personnes, connaissent même de fortes « difficultés d’accès » avec des temps d’accès en voiture qui sont élevés (supérieur à trente minutes) quel que soit l’équipement ou le service qu’ils recherchent. Ces jeunes vivent essentiellement « dans le Châtillonnais, le Morvan et le nord-ouest de la Haute-Saône », détaille Pierre-Stéphane Lèbre, chargé d’études à l’Insee.

Fracture numérique

Dans ces zones, le temps d’accès à un établissement de formation est supérieur à quarante minutes en voiture. A contrario, « rejoindre une agence de travail temporaire, un réseau Pôle emploi ou une mission locale demande moins de temps, ces établissements [étant] plutôt bien implantés localement », note l’Insee.

Cependant, c’est un problème majeur que relève l’étude, « les territoires où les jeunes ont des difficultés d’accès aux équipements favorisant leur insertion sociale et professionnelle sont aussi ceux où la couverture réseau mobile 4G est la moins développée ». Conséquence : « L’accès au numérique est un enjeu de première importance dans ces espaces » où les services en ligne sont censés pallier la faiblesse du maillage des services publics.

C’est d’autant plus vrai pour les jeunes que les autorités « misent sur des dispositifs nouveaux comme la boussole des jeunes », une plateforme numérique d’information qui sera déployée dans notre région à partir de cette année.

(*) Les services clés sont regroupés en « six paniers d’équipements » qui répondent à des besoins en formation, emploi et insertion, information, santé, sport, culture et loisirs.

Un outil pour la Nièvre

Cette étude, avec la cartographie qu’elle dresse, va permettre aux collectivités locales et à l’État d’adapter les réponses en fonction des caractéristiques de chaque EPCI. De fait, elle montre précisément quels types de services font défaut au regard des caractéristiques de la jeunesse. C’est un outil particulièrement important pour la Nièvre, estime Philippe Bayot. Un contrat de développement, doté d’une enveloppe de cinquante millions d’euros, y est en effet en cours d’écriture pour apporter « des réponses très concrètes » aux besoins identifiés.

Alexandra Caccivio Le Journal du Centre

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