Trois homicides en deux jours dans la région de Marseille

Un homme a été abattu de deux balles dans la tête vendredi et les corps de deux autres ont été retrouvés samedi dans une voiture en flammes. La police craint une nouvelle vague de violences.

En l’espace de deux jours, Marseille et sa région ont été le théâtre de trois homicides. Vendredi, un règlement de compte dans l’est de la ville à fait un mort. Samedi soir, les corps calcinés de deux personnes ont été retrouvésdans une voiture incendiée à Cuges-les-Pins, à 30 kilomètres de la cité phocéenne. Alors que le nombre de morts dans des règlements de compte était en baisse en 2017, depuis Noël, le nombre d’homicides s’envole à nouveau.

Cinq jeunes hommes ont perdu la vie dans de probables règlements de comptes depuis la fin décembre. Le dernier a donc été abattu vendredi soir, au volant de sa voiture. «L’homme a des antécédents judiciaires et l’enquête s’oriente vers un règlement de comptes», a précisé le procureur de la République, Xavier Tarabeux. Un véhicule brûlé avait été retrouvé près des lieux de la fusillade. Pour les corps retrouvés à Cuges, les enquêteurs ont estimé qu’il était trop tôt pour avancer une quelconque piste et dire si c’est un règlement de comptes, les victimes n’ayant pas été identifiées, a toutefois précisé le procureur. En janvier, la cité phocéenne a aussi déploré une fusillade mortelle à la Kalachnikov dans le quartier de La Plaine, et deux morts par balle dans des quartiers périphériques, dont un seul est considéré comme un règlement de comptes. «On ne peut pas nier la réalité, il y a un certain nombre d’homicides, dont beaucoup sont des règlements de comptes, mais on ne peut en tirer aucun enseignement, il n’y a pas assez de recul», indique le procureur de Marseille Xavier Tarabeux.

Après une année 2016 record, où 29 personnes ont été abattues, 2017 avait été moins sanglante avec «seulement» 14 règlements de compte selon la préfecture de police.

Crainte d’une nouvelle poussée de violence

Du côté policier, la crainte d’une poussée de violence refait surface dans une ville qui reste une plaque tournante du trafic de cannabis. «Il y a tellement de sorties de prisons, et tellement d’équipes prêtes à régler leurs comptes…», expliquait dimanche à l’AFP un policier marseillais. La lutte contre le trafic est «un travail sans fin», commentait mi-janvier une autre source policière.

» LIRE AUSSI – Les écoles sacrifiées de la Castellane

L’an dernier, plusieurs bandes criminelles ont perdu des plumes, victimes de la vendetta entre trafiquants, ou sous les coups de boutoir de la justice. Chef présumé de l’un des clans les plus violents, Mehdi Remadnia, a ainsi été abattu à l’arme automatique il y a un an. Parmi les procès les plus retentissants, celui de la bande des «Blacks» a conduit à prononcer un total de 107 années de prison contre 27 prévenus en novembre, et à mettre hors circuit les frères Ahamada, qui le dirigeaient.

Mais la police a à l’œil plusieurs anciens détenus, «impliqués dans le trafic et qui ont immédiatement repris leurs activités», affirme une source policière. Certains réseaux sont repris par des lieutenants, voire des petits frères de leurs dirigeants, dont certains continuent de tirer les ficelles derrière les barreaux.

«Des différends datant de plusieurs années se soldent après la sortie de détention des protagonistes», relève-t-elle, s’inquiétant également de l’omniprésence des armes, «quel que soit le niveau de trafic». En témoigne la saisie, mi-janvier, de grenades, des armes de guerre pouvant être adaptées sur des fusils d’assaut, lors du démantèlement d’un trafic dans une cité des quartiers nord, le Petit Séminaire.

Articles en relation

Close