«T’aurais pas une bière ou deux ?» : prison ferme pour trafic de drogue

Cinq hommes étaient jugés hier au tribunal correctionnel de Cahors pour trafic de drogue à Souillac. Ils ont écopé de peines allant de 2 à 18 mois de prison.

«T’aurais pas une bière ou deux ? Ou bien une bière et demie ?», c’est sous ce code que s’est caché un trafic de drogues à Souillac de mi-novembre 2016 au 3 juillet 2017. Cinq hommes, âgés de 21 à 54 ans, étaient jugés hier à Cahors pour cela. Un renseignement anonyme a aiguillé les gendarmes sur la piste de B, 54 ans. Ce baroudeur, qui racontait avoir fait de la prison en Colombie, passé dix ans en Inde, «a vite été connu comme quelqu’un qui trafique», résume le président du tribunal. «En fait, ils m’ont sollicité plusieurs fois, c’est tout. Ils savaient que j’avais quelque chose, répond le quinquagénaire, j’étais dépendant à l’époque, je cherchais dans les villes, à Toulouse, à Brive.» Comme il n’avait pas de voiture, G le transportait. Ces deux-là sont au cœur du réseau qui a alimenté Souillac, dont «quinze à vingt personnes ancrées dans la toxicomanie», en cannabis, cocaïne, héroïne, amphétamines. Une organisation «brouillonne, résument les gendarmes. B et G sont souvent en manque d’argent, n’honorant pas toujours les rendez-vous, ayant souvent des difficultés à trouver du produit et travaillant souvent dans la dépanne avec leurs clients.»

Arrêté en mai à Cressensac au retour d’une expédition à Brive, positif aux opiacés, G a trouvé le moyen d’oublier ses documents de garde à vue dans une maison qu’il a tenté de cambrioler. Ces hommes vendent pour payer leur consommation, plaident leurs avocats. Ce n’est pas une excuse pour le parquet qui requiert de 12 mois à deux ans ferme. G, qui a tâté de la drogue dès le collège, s’est éloigné du Lot pour ne plus replonger dans les drogues dures. En partie désintoxiqué, B quitte lui aussi le Lot avec sa compagne. «Un vrai trafiquant, on ne va pas trouver dans son sang de la cocaïne et de l’héroïne. On trouve de l’argent», plaide Me Martin pour B.

R est condamné à 6 mois de prison, B et G à 18 mois dont six avec sursis et une mise à l’épreuve avec obligation de soins. Les deux autres à 2 et 8 mois.

«On est des toxicos »

R, 21 ans, a comparu en visioconférence depuis la prison de Rodez. Au président, il lance : «Vous êtes un peu perdu parce que vous n’avez pas les bonnes personnes devant vous, vous n’avez pas ceux qui fournissaient les produits. Nous, on est des toxicos». Et B ? «C’est un ancien, il connaît tout… Après, il consomme.» En manque, R passe de l’excitation à la prostration. Me Belou plaide une obligation de soins pour ce garçon, «en danger de mort». Vingt-deux élèves de seconde pro gestion, administration et accueil du lycée Champollion de Figeac étaient à l’audience. L’état du jeune les a marqués.

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