Sursis pour un coup porté à un gendarme

Interpellé lors d’une manifestation interdite à Mandres-en-Barrois dimanche, un opposant au projet d’enfouissement des déchets nucléaires comparaissait devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc ce lundi après-midi.

« J’accepte de répondre aux questions et d’être jugé. » L’anti-Bure qui faisait l’objet d’une comparution immédiate devant le tribunal de Bar-le-Duc ce lundi après-midi, à l’issue d’une garde à vue consécutive à son interpellation lors d’une manifestation à Mandres-en-Barrois dimanche à 13 h 30, n’a pas demandé de délai supplémentaire pour préparer sa défense.

On lui reprochait d’avoir donné un coup de poing à un gendarme mobile qui tentait avec d’autres d’empêcher un groupe d’accéder au bois Lejuc lors d’une manœuvre de contournement. « Je reconnais ma présence. Le terme d’altercation me paraît étrange, mais un coup a été porté », déclare le jeune homme de 21 ans, après que le président Kevin Le Fur a retracé le déroulement des faits d’après le témoignage du militaire blessé au visage – un jour d’ITT lui a été prescrit. C’est au moment d’un face-à-face avec deux individus, dont le prévenu, qu‘il a été frappé, tout en parvenant à mettre au sol l’opposant.

Venu pour la première fois à Bure, « mon intention n’était pas d’en découdre », précise ce dernier. Et de parler d’un « geste réflexe irréfléchi ». « On s’attendait à être interpellé, j’avais la volonté de porter secours à l’équipe médicale », se défend-il. Il réfute avoir jeté des pierres sur les forces de l’ordre.

« Comment se fait-il que vous vous trouviez avec ce genre de personnes ? », l’interroge le procureur Olivier Glady. « Arrêtez d’isoler les individus, c’est une action politique délibérée depuis 30 », se voit-il répondre.

Interdiction de paraître en Meuse

Le représentant du ministère public souligne dans son réquisitoire que le prévenu, outre l’acte de violence concédé, a participé à un rassemblement pourtant interdit. Convenant qu’il y a « d’autres plus radicaux que lui », il considère qu’il a « voulu aller au contact » alors qu’il pouvait reculer. S’il l’a qualifié de « hors-sol », « il ne s’est pas engagé en tant que paisible manifestant », complète-t-il, en requérant 6 de prison dont 3 assortis d’un sursis simple, sans mandat de dépôt.

Une fois mentionnée « la partialité du parquet », et dénoncé l’État nucléaire, Me Antoine Amrboselli, pour la défense, martèle que son client se situait dans « la logique même de se défendre » ; que vu sa position en queue de cortège, il n’y avait pas de volonté d’attaquer. « Il n’esquive aucune responsabilité », note-t-il. Non sans pointer du doigt l’objectif qui serait « que nous puissions plus discuter, nous réunir ».

Il relève l’absence de constitution de partie civile, preuve selon lui que le gendarme « a considéré que le combat porté était légitime ».

Après délibéré, les magistrats ont infligé une peine de 3 mois avec sursis et mise à l’épreuve sur 2 ans, et une interdiction de paraître en Meuse durant la même période. Source

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