Macha Makeïeff veut l’abolition de la prison

Macha Makeïeff est metteuse en scène. Depuis 2011 elle est directrice du théâtre nationale de La Criée à Marseille. Elle défend l’abolition de la prison et de toutes formes d’enfermements qu’elle estime dépassée. Elle considère la prison comme une barbarie inutile et le synonyme du renoncement à notre humanité.

Olivier de Lagarde : Que fait-on des criminels ?

Macha Makeïeff : Je pense qu’il y a suffisamment d’intelligence dans cette société où on invente l’intelligence artificielle, les algorithmes… Vraiment, je pense qu’il y a des solutions. Ce qui m’importe, ce n’est pas tant comment on va répondre à ça que de dire que nos colères sont là pour faire avancer cette utopie.

La prison a deux fonctions : punir et protéger la société. Vous pensez qu’il ne faut pas punir ?

J’en reviens toujours aux années 1970, parce qu’on parle du pavé donc forcément de l’utopie. Et cette utopie c’est Surveiller et Punir de Foucault, c’était Punishment Park de Watkins. Ce sont ces réflexions dans les années 1970 où on s’est dit que cette société qui enferme les gens dans des cellules, c’est-à-dire que la cellule serait une partie du corps social, est une absurdité.

N’est-il pas légitime pour une société de se protéger de certains individus qui veulent la détruire ? Pensez aux islamistes radicaux, par exemple.

Si vous enfermez quelqu’un de radicalisé, il va se radicaliser encore davantage. Bien sûr qu’il faut protéger, mais ce n’est pas en enfermant. Et ce n’est pas par l’indignité, je ne pense pas. Je pense qu’il y a quelque chose à inventer. De toute façon, on est dans un immense échec, ça ne marche pas. On punit, ça ne sert à rien. France Info

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