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Guerre des bandes à Gennevilliers : la colère des parents des Agnettes et des Grésillons

Gennevilliers, rue du 8 mai 1945, samedi 10 mars. Une centaine de personnes ont échangé, pendant deux heures, autour du maire pour évoquer les récentes violences.

Après l’agression, mardi, d’un adolescent qui risque de perdre la vue, la ville et les familles du quartier se sont réunies pour essayer de trouver des solutions de lutte contre les violences.

Dire stop aux violences ! C’est ce qui a réuni, ce samedi 10 mars les parents, jeunes, élus, et associations des quartiers des Agnettes et des Grésillons à Gennevilliers. La municipalité a organisé deux rencontres avec les habitants, en réponse aux demandes de ces derniers suite aux récents événements de violences.

« On a besoin d’un couvre-feu »

Les temps d’échange ont démarré dans l’après-midi au quartier des Agnettes. Une centaine d’habitants se sont déplacés. Patrice Leclerc, maire PCF de la ville a ouvert la réunion en revenant sur les faits et expliquant que des effectifs de police supplémentaires avaient été mobilisés par la préfecture de police du département depuis les incidents et qu’il proposait deux types d’actions. « Il faut que l’on travaille sur le fond et dans la durée tous ensemble sur le refus de la violence, a indiqué l’élu. Je vous propose aussi que l’on exprime cela publiquement par deux rassemblements, jeudi prochain, un aux Agnettes avec les parents des 3 F puis un aux 3 F avec les familles des Agnettes. »

Si l’idée a séduit, certains ont profité de ce temps pour chercher des réponses. « Il nous faut des médiateurs qui ne soient pas eux-mêmes des enfants ! », a lancé un père de famille. « Il faut casser les clans, indique Kamel. Je pense que l’on a besoin de mettre un couvre-feu en ville, et qu’à partir de 20 heures, les mineurs n’aient pas le droit d’être dehors. Il faut aussi que les clubs pour les jeunes ferment plus tard pour que les jeunes ne finissent pas dans les halls d’immeuble. »

« Il y a désormais un fil que l’on peut tirer »

La tension est montée plusieurs fois dans la salle. Certains échanges étaient musclés, mais la foule est sortie unanime. « Nous, parents, avons une responsabilité, mais nous sommes tous Gennevillois et il faut que nous ayons une aide extérieure, de l’Etat, ou de la ville », a conclu une mère de famille.

A 18 heures, l’édile est allé à la rencontre des habitants des 3 F à l’espace des Grésillons. Une trentaine de personnes sont venues échanger et surtout « essayer de savoir quoi faire », comme l’a expliqué une mère de famille, précisant que « les parents sont aussi des victimes ». Certains ont témoigné d’agressions commises par ou sur leurs enfants, d’autres expliqué qu’ils ne savaient pas gérer le décrochage scolaire, certains s’inquiétaient du harcèlement sur les réseaux sociaux.

« Il faut commencer dès la maternelle et l’élémentaire à mélanger les jeunes, que les petits des Grésillons jouent avec ceux des Agnettes et du Luth, comme ça, on évitera, quand ils grandiront, de revivre ce genre de drame », a expliqué un habitant. Des échanges qui ont réjoui le maire : « Ces réunions sont positives, il y a désormais un fil que l’on peut tirer. »

Nadia, mère d’une victime : « Je demande justice »

« Je demande du calme entre les deux cités. C’est plus possible. Nous, les parents, sommes dépassés. Mon fils n’est pas méchant. Il a grandi ici aux Agnettes, et il avait peur. Tous les matins, il partait à la minute près de chez nous pour aller prendre son bus, dont l’arrête est sur le trottoir d’en face.

Ce mardi, il est parti à 7 h 20, il était tout seul, sans ses copains et c’est là que les jeunes l’ont attrapé. Il devait passer son bac blanc… Et là, il est à l’hôpital. Il n’a que 16 ans et il s’est fait tirer dans l’œil. On ne rigole pas là ! C’est son œil. Je ne sais pas comment mon fils va sortir de là. Je demande justice. Il faut que la justice prenne une décision contre ses agresseurs. Et il faut que la ville de Gennevilliers et que l’Etat se réveillent. On nous a abandonnés. » Source

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