91 Essonne

Fleury-Mérogis : bientôt une crèche pour les bébés de mères détenues

A Fleury-Mérogis, la maison d’arrêt des femmes abritera, à partir de septembre, une structure dédiée aux moins de 18 mois : une première en France.

Dès septembre prochain, une micro-crèche devrait ouvrir au sein de la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis (Essonne). « C’est une révolution », admet-on au sein de la plus grande prison d’Europe qui est pourtant déjà bien mieux équipée que la plupart des autres structures de France pour recevoir les mères qui accouchent le temps de leur incarcération. La nurserie actuelle, qui permet aux détenues de bénéficier de petits jouets et de conseils sera remplacée par une véritable crèche.

Une dizaine de bébés pourront y être reçus. Les mamans incarcérées pourront les y amener le matin, avant de pouvoir profiter d’ateliers, de formations, ou d’un travail durant la journée. « Cela va favoriser la réinsertion de ces femmes, car ces détenues sont occupées à plein-temps actuellement par leurs bébés », précise-t-on à l’administration pénitentiaire.

Ces enfants ont les mêmes droits que les autres

En France, une mère détenue peut en effet s’occuper de son bambin jusqu’à ses 18 mois. Ensuite, le petit est confié à sa proche famille à l’extérieur, ou à défaut au département via l’aide sociale à l’enfance (ASE). « Ces enfants ne sont pas considérés comme détenus, ils ont les mêmes droits que les autres, d’ailleurs ces femmes enceintes accouchent à l’hôpital, à l’extérieur de la prison », précise la direction de la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis.

Les travaux pour aménager la salle qui servira de crèche pourraient être à la charge de la prison. Les éducatrices seront recrutées à l’extérieur par une association et devraient être rémunérées par la commune de Fleury-Mérogis ou par le conseil départemental de l’Essonne. L’administration pénitentiaire et les deux collectivités locales se sont réunies pour la première fois à ce sujet le 18 janvier.

Des animations comme à la halte-garderie de la ville

« D’autres réunions pour définir les modalités exactes vont suivre, commente Aline Cabeza, la maire (DVG) de Fleury-Mérogis. Nous allons pouvoir aussi faire profiter à ces enfants d’animations que nous programmons pour notre halte-garderie ou les autres crèches de la ville. Ils auront un éveil musical, des spectacles… Aujourd’hui, au sein de la maison d’arrêt des femmes, il n’y a pas les moyens financiers pour offrir à ces enfants un contexte épanouissant. Ils devraient aussi pouvoir sortir davantage. »

Près de 80 000 euros devraient être nécessaires à la mise en place de ce dispositif novateur. « Les détenues vont pouvoir mieux s’occuper de leurs bébés, créer un lien plus structurant, reprend-on à la direction de la maison d’arrêt. Quant aux enfants, ils seront mieux sociabilisés. C’est déterminant pour le futur de ces bambins. »

« Mon enfant a peur dès qu’il n’est pas avec moi »

Elles sont actuellement huit mamans détenues avec leur enfant à Fleury-Mérogis et quatre autres femmes sont enceintes. « Je dois rester tout le temps avec mon enfant, je ne peux pas le confier à quelqu’un, du coup je ne peux faire aucune activité, souligne l’une de ces mères. Nous sommes ensemble 24 heures sur 24. C’est un bonheur de l’avoir avec moi bien sûr, mais c’est aussi une contrainte, je ne peux rien faire d’autre et lui non plus. » Son enfant de huit mois pâtit de cette relation fusionnelle : « Il a peur dès qu’il n’est pas avec moi, reconnaît-elle. Les animations sont rares : Il voit un chien une fois par semaine, il apprend à le caresser, à avoir des interactions avec lui, mais ce n’est pas assez, une crèche serait une bonne chose, appuie-t-elle. Pour lui, comme pour moi. »

A l’actuelle nurserie, la mère bénéficie de conseils et d’un peu de matériels. « Mais quand on a besoin de produits d’hygiène c’est très compliqué, reprend la jeune mère. Si mon fils a des irritations, il a le temps de guérir avant qu’on reçoive ce dont il aurait eu besoin. Il faut deux à trois semaines d’attente. »

F.L.

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