Politique

18 mars 1978 : François Duprat, le cerveau du Front National, est assassiné en Normandie

En cette année 2018, Jean-Marie Le Pen, président fondateur du Front National (FN), se recueillera-t-il sur la tombe de François Duprat au cimetière de Montmartre, comme il l’a déjà parfois fait ? Mort à seulement 37 ans, le Normand fait figure de martyr aux yeux d’une extrême droite encore partiellement imprégnée de ses idées.

L’assassinat à Caudebec-en-Caux

Le 18 mars 1978, François Duprat se fait conduire par sa femme jusqu’au collège deCaudebec-en-Caux (Seine-Maritime) où il enseigne comme professeur d’histoire. À 8 h 40, leur voiture explose. La conductrice est grièvement blessée tandis que son mari décède sur le coup, une bombe étant placée directement sous son siège. Les assassins connaissaient bien les habitudes de leur victime : il s’installait toujours du côté passager, sa myopie l’empêchant de prendre le volant.

L’attentat fait les titres de la presse et du journal télévisé, mais pour la majorité des Français, François Duprat est un inconnu. Pourtant, il est l’une des figures importantes d’un jeune parti : le Front National.

Le cerveau du FN

« L’homme qui inventa le Front National », ainsi le présente l’historien Nicolas Lebourg. En 1972, François Duprat réussit le tour de force de rassembler les différents groupuscules de l’extrême droite en un parti politique prêt à s’engager dans la bataille électorale. C’est lui qui propose le nom de ce nouvel acteur de l’arène démocratique : le Front National.

Tribun hors pair, Jean-Marie Le Pen s’affirme comme le leader du mouvement, mais, dans l’ombre, Duprat lui chuchote. Sous son influence, à partir de 1974, le parti évolue dans sa stratégie et ses thèmes de campagne. Le conseiller politique oriente le discours vers la dénonciation de l’immigration, l’objectif étant d’élargir l’audience du Front National dans les milieux populaires. « Un million de chômeurs, c’est un million d’immigrés en trop » clame Jean-Marie Le Pen dès 1976. Du Duprat dans le texte.

On ne peut pas s’empêcher d’inscrire ce meurtre dans une série d’autres exécutions : assassinat de Jean de Broglie, député de l’Eure, en 1976 ; liquidation d’Henri Curiel, militant communiste, en 1978 ; suicide douteux du ministre Robert Boulin en 1979. En ces années 1970, l’activité politique peut se payer cher.On ne peut pas s’empêcher d’inscrire ce meurtre dans une série d’autres exécutions : assassinat de Jean de Broglie, député de l’Eure, en 1976 ; liquidation d’Henri Curiel, militant communiste, en 1978 ; suicide douteux du ministre Robert Boulin en 1979. En ces années 1970, l’activité politique peut se payer cher. Source

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